Municipales à Mulhouse : la maire sortante peut-elle mettre en place des cours d’empathie à l’école ?

Les Surligneurs 2026-03-11 View source

Source :Programme de Michèle Lutz à Mulhouse

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À Mulhouse, la maire sortante et candidate à sa réélection, Michèle Lutz, propose plusieurs mesures à destination des enfants, dont la mise en place de cours d’empathie dès le primaire.

Si cette proposition relève clairement d’un objectif de prévention du harcèlement scolaire, sa faisabilité sur le plan juridique dépend de la répartition des compétences entre l’État et les collectivités territoriales en matière d’éducation.

Pas de cours obligatoires en plus des programmes officiels 

L’organisation des enseignements relève principalement de l’État. L’article L.211-1 du code de l’éducation prévoit que celui-ci assure la définition des voies de formation, la fixation des programmes nationaux ainsi que l’organisation et le contenu des enseignements. 

Autrement dit, les collectivités territoriales ne disposent pas de la compétence nécessaire pour modifier les programmes scolaires ou créer de nouvelles disciplines obligatoires. La seule compétence des communes vis-à-vis des écoles est en revanche dans le fonctionnement matériel des établissements.

Ce rôle est essentiellement logistique et financier, et ne porte pas sur la définition du contenu pédagogique des enseignements. Dans ces conditions, la création de « cours d’empathie » intégrés aux programmes scolaires constitue une promesse intenable.

Des activités facultatives possibles

Le code de l’éducation ouvre toutefois une possibilité d’intervention plus limitée. L’article L.216-1 prévoit que les communes, les départements et les régions peuvent organiser, dans les établissements scolaires et pendant leurs heures d’ouverture, des activités éducatives, sportives ou culturelles complémentaires.

Dans ce cadre, une commune pourrait soutenir ou organiser des interventions consacrées à l’empathie, à la prévention du harcèlement ou au vivre-ensemble. Ces activités ne constitueraient cependant pas un enseignement obligatoire inscrit dans les programmes nationaux, mais seulement des actions pédagogiques complémentaires.

 

Auteurs :

Auteur : Guillaume Baticle, journaliste, doctorant en droit public à l’Université de Poitiers

Relecteur : Jean-Paul Markus, professeur de droit public à l’Université Paris-Saclay

Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun

Secrétariat de rédaction : Vincent Couronne, docteur en droit européen

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