Affaire Macron vs Owens : non, la plainte du couple présidentielle n’a pas été rejeté par la justice américaine

Les Surligneurs 2025-08-07 View source

Source :Compte Facebook, le 2 août 2025 

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Depuis plusieurs années, Brigitte Macron est la cible d’une campagne de désinformation persistante, selon laquelle elle serait en réalité une femme transgenre du nom de Jean‑Michel Trogneux, l’un de ses frères. 

Cette rumeur, née en France et documentée à plusieurs reprises par Les Surligneurs, a récemment été relancée aux États-Unis par Candace Owens, commentatrice politique ultra-conservatrice, un temps proche de Donald Trump, à travers son podcast. Selon elle, ce secret sur l’identité de Brigitte Macron permettrait de faire chanter le président de la République.

Après avoir porté plainte en France contre deux femmes qui avaient lancé la rumeur, Emmanuel et Brigitte Macron ont porté plainte pour diffamation et diffusion de fausses informations aux États-Unis contre la commentatrice en juillet 2025. 

Mais sur les réseaux sociaux, certains affirment que la justice américaine aurait déjà rejeté cette plainte. « La justice américaine rejette la plainte contre Candace Owens. Macron et Brigitte espéraient faire taire la journaliste à coups de plaintes bidon. Raté : la justice américaine ne lèche pas les bottes de l’Élysée », se félicite une internaute. Une affirmation qui n’est en réalité étayée par aucune preuve. Au contraire, une partie du dossier, accessible en ligne, indique le contraire. 

Aucune trace d’une quelconque décision

Mais reprenons le fil de notre histoire. Emmanuel et Brigitte Macron ont déposé une plainte de 218 pages, comportant 22 chefs de diffamation, contre Candace Owens devant la Superior Court du Delaware, le 23 juillet, rapporte Washington Post

Une partie du contenu de la plainte est également disponible via le communiqué de presse de Clare Locke LLP, le cabinet d’avocats représentant le couple présidentiel français. « La campagne de diffamation de Mme Owens visait clairement à nous harceler et à nous faire souffrir, ainsi qu’à nos familles, et à attirer l’attention et la notoriété. Nous lui avons donné toutes les chances de revenir sur ces allégations, mais elle a refusé. Nous espérons sincèrement que ce procès rétablira la vérité et mettra définitivement fin à cette campagne de diffamation », peut-on lire.

Mais alors où en est la plainte ? Pour le savoir, Les Surligneurs ont consulté directement le registre judiciaire public du Delaware, accessible via le site officiel de la Cour du Delaware. Ce service permet d’accéder aux informations actualisées concernant toutes les affaires civiles en cours dans l’État, y compris celles pour diffamation.

Un juge saisi et une assignation envoyée

En entrant le mot « Macron », on obtient plusieurs comptes-rendu complets des événements de procédure (docket entries). Ce document répertorie toutes les étapes enregistrées depuis le dépôt de la plainte, comme les convocations (writs), les preuves de notification des défendeurs (affidavits of service), et l’attribution du dossier au juge Sheldon K. Rennie. Difficile d’y voir un quelconque rejet. 

On y apprend ainsi qu’aucune audience n’a encore eu lieu, et qu’aucune décision judiciaire (classement ou jugement) n’a été rendue.  La dernière action enregistrée dans le dossier est datée du 1er août 2025 : il s’agit du dépôt d’un avis de signification confirmant que Candace Owens a bien été assignée le 23 juillet.

Enfin, ces mêmes documents montrent qu’il n’existe aucune date d’ouverture ni de fermeture du dossier (docket start/end date). On est donc encore loin d’une quelconque décision judiciaire, qu’il s’agisse d’un classement sans suite ou d’une condamnation. 

D’après le média de fact-checking américain Snopes, la fausse information selon laquelle Candace Owens aurait abandonné les poursuites viendrait d’une mauvaise interprétation d’un titre de journal. Le média états-unien Western Journal a titré, le 23 juillet, “President Macron drops 22-count defamation lawsuit on Candace Owens”

Certains internautes auraient ainsi fait une confusion entre « drop » qui signifie « abandonner » en anglais, et « drop on », une expression qui pourrait se traduire par « déposer sur ». Une incompréhension qui semble être remontée jusqu’au Western Journal. Le média a depuis modifié le titre pour éviter des incompréhensions. 

 

Auteurs :

Auteur : Etienne Merle, journaliste

Relectrice : Clara-Robert Motta, journaliste

Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun

Secrétariat de rédaction : Etienne Merle, journaliste

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