Source :Compte X de François de Rugy, 24 février 2026
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François de Rugy publie sur X une vidéo sur fond de périphérique nantais en partie noyé sous les crues. Dans le cadre de la campagne municipale, il appelle à effectuer un « relèvement de la chaussée du périphérique de Nantes pour éviter de rendre impossible la vie des automobilistes de l’agglomération nantaise à chaque période pluvieuse ».
Il est vrai que cette situation est d’autant plus fâcheuse que la partie noyée dessert le stade de la Beaujoire ! C’est peut-être une des raisons pour lesquelles F. De Rugy, qui soutient la liste de la droite et du centre aux élections municipales à Nantes contre le maire de gauche en place, reproche à ce dernier son supposé fatalisme sur ce sujet et donc son inaction.
Le périphérique nantais n’a rien de nantais
Reste le statut juridique du périphérique nantais, qui d’ailleurs ne se trouve pas dans les limites communales de Nantes, est celui d’une route nationale, plus précisément la RN844 (rappel du permis de conduire : la cartouche est rouge et non jaune).
Autrement dit, cette voie appartient à l’État qui en assure l’entretien à travers la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL), mais aussi la réglementation de police.
En somme, ni le maire, ni la métropole n’ont la main pour décider de relever la chaussée. Il n’appartient qu’au préfet de décider et d’autoriser des travaux, à travers une déclaration d’utilité publique au besoin, lorsqu’il faut exproprier des riverains pour élargir la chaussée par exemple.
Toutefois, en ces temps de disette du côté des finances nationales, l’État a tendance à délaisser ses routes nationales, se limitant aux travaux urgents car mettant la sécurité des usagers en péril, et reportant les améliorations aux calendes grecques.
Le caractère inondable d’une route, dès lors qu’il est prévisible et ne crée pas de danger immédiat car il suffit de couper la circulation, ne justifie donc pas qu’un chantier de relèvement de chaussée soit entrepris en priorité.
Le seul moyen d’action : l’argent
En somme, ce que ne dit pas François de Rugy dans sa vidéo un tantinet simpliste, c’est que l’État n’acceptera d’entreprendre des travaux sur sa route nationale que si la métropole, le département de Loire-Atlantique, voire la ville même de Nantes acceptent de les financer sur leur budget.
C’était déjà le cas, par exemple, lorsque le tronçon entre les portes de Rennes et d’Orvault a bénéficié d’un élargissement à trois voies : l’État avait mis 7,55 millions d’euros sur la table, tandis que la métropole mobilisait 6,25 millions et le département 3,5 millions. Autrement dit, l’État a financé moins de la moitié du coût de l’élargissement de ses propres routes.
Dès lors, si la métropole et le département acceptent de financer le relèvement de chaussée proposé par François de Rugy, qui va payer, quel contribuable ? Celui de l’État, celui de la métropole, celui de Nantes, celui du département ? Probablement un peu des quatre. Il est de bon ton, lorsqu’une personnalité politique propose des projets d’aménagement, de préciser aussi leur financement.
Autre solution, encore plus coûteuse, l’État accepte de déclasser le périphérique nantais, qui passerait entre les mains de la métropole, qui assumerait le coût total de la proposition de François de Rugy.
Auteurs :
Auteur : Jean-Paul Markus, professeur de droit public à l’Université Paris-Saclay
Relecteurs : Vincent Doebelin, maître de conférences en droit public, docteur à l’Université de Haute-Alsace
Etienne Merle, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Guillaume Baticle, journaliste, doctorant en droit public à l’Université de Poitiers
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