La préfecture interrompt « d’urgence » une colo de « recadrage républicain » dans les Yvelines
Pas de « commémo », ni de lever de drapeau tricolore, ni de Marseillaise cette année. En ce 14 juillet 2025, les cœurs de Nourouddine Abdoulhoussen, le « capitaine », directeur de la colonie de vacances « Laissez-les servir », et de ses animateurs, ses « sergents », ne sont pas à la fête patriotique. Ils chargent avec amertume du matériel dans de grands camions de déménagement, sur le terrain de Choisel, où se déroulait jusqu’ici la colonie de vacances.
« Laissez-les servir ? Ils ont interrompu la colo avant-hier, sur arrêté préfectoral », nous renseigne Gaëlle Dizengremel, l’adjointe à la culture, autour du barbecue organisé devant la mairie de cette petite ville cossue, en ce jour férié. Le sort de l’association dépend désormais de la décision du Procureur de la République, car en plus de la fermeture de la colo décidée par arrêté préfectoral, le parquet de Versailles a ouvert une enquête à la suite d’une plainte de la mère de deux jeunes participants à la colo pour des violences sur mineurs.
« L’enquête a été clôturée [par les services enquêteurs, ndlr] et transmise récemment au procureur de la République pour appréciation des suites à donner », nous a répondu le parquet de Versailles, le 21 juillet. À l’heure où nous écrivons ces lignes, le procureur ne s’est pas encore prononcé sur les suites de la procédure. Il peut demander un complément d’enquête, l’ouverture d’une information judiciaire, un classement sans suite, ou une convocation devant un tribunal.
Dans le cadre de cette enquête, Nourouddine Abdoulhoussen est présumé innocent. Son avocat rapporte que son client est tombé des nues, le 11 juillet, jour de l’intervention de la gendarmerie et des services de l’État : « Monsieur Abdoulhoussen a été réveillé dans son lit. Il a été sous le choc et abasourdi par tant de violence. Il n’est pas habitué à ce type de procédures ! Il n’a pas résisté et a même été coopératif et à l’écoute des gendarmes et de la Jeunesse et Sport qui les accompagnaient ! »
Dix véhicules de gendarmerie
Le camp de Choisel est un classique de l’association Laissez-les servir. Chaque année, vêtus de treillis militaires, des jeunes de Pierrefitte (93) et d’ailleurs, envoyés par leurs parents ou par l’aide sociale à l’enfance, viennent y vivre un séjour de « recadrage républicain » au vert, au cœur de la vallée de Chevreuse. Le terrain, qui accueille aussi le bivouac du pèlerinage de Chartres, est gracieusement prêté par Étienne de Gourcuff, propriétaire de la Jardinière de Chevreuse.
Pour 120 euros par jour et par enfant, l’association propose toutes sortes d’activités, dans un registre militaire, historique et même religieux : levée du drapeau au petit matin, apprentissage de l’alphabet militaire, entraînement au tir au airsoft, ces répliques d’armes à feu qui propulsent des petites billes, visite de châteaux ou de cathédrales, messes … La veillée « raid-commando » est le temps fort du séjour.
L’association est financée par la Région Île-de-France, la caisse d’allocations familiales de Seine-Saint-Denis – ses locaux sont situés dans la ville socialiste de Pierrefitte. L’opération “Laissez-les servir” a vu le jour en 2005 au sein de l’association des officiers de réserve du 93, avant de devenir une association indépendante en 2016. En 2018, elle reçoit 40 900 euros de dons au cours de la Nuit du Bien commun, un gala de charité organisé par le milliardaire d’extrême droite Pierre-Edouard Stérin.
Mais trois jours avant la fin de la colo, le 11 juillet 2025 à huit heures, dix véhicules de gendarmerie se présentent à la barrière du champ. Les gendarmes emmènent le capitaine en garde à vue. Les dix enfants seront entendus par les gendarmes comme témoins.
À l’origine de cette intervention, la plainte déposée par Véronique*, qui a inscrit deux de ses enfants à la colo après une fugue. « Nous avons décidé avec mon mari que ce serait leur punition. »
« Approche-toi, je ne vais rien te faire »
Une punition, dont elle s’est mordu les doigts. Dès le lendemain de l’arrivée de Maël* et Lucas* sur le terrain, Véronique commence à recevoir des appels de ses fils, en pleurs, se plaignant de violences des encadrants : « Il avait plu des cordes et ils n’avaient pas séché. Ils n’étaient pas dans leur milieu. Mais bon, je me dis que cela, c’était un peu le but de la manœuvre. Seulement, ils me disent aussi qu’ils se font frapper ». Prudente, Véronique temporise. Mais le lendemain, ses enfants la rappellent…
Lors de leurs auditions devant les gendarmes, puis dans un entretien avec le Bondy Blog, Maël*, 14 ans, et Lucas*, 13 ans, livrent les détails précis et circonstanciés de faits de violences dont ils auraient été victimes : des gifles à répétition, des menaces, des insultes – dont certaines à caractère homophobe – des actes et des paroles humiliantes.
Le Bondy Blog a soumis à Nourouddine Abdoulhoussen et à son avocat, Maître David Koubbi, les faits rapportés par les deux jeunes lors de leur audition devant les gendarmes. M. Abdoulhoussen réfute tout acte de violence et évoque des propos « à charge », « erronés » et « calomnieux ». « Jamais je n’ai tenu des propos homophobes ni discriminatoires ! Nous avons l’habitude d’accueillir des jeunes de toutes orientations sexuelles avec beaucoup de bienveillance », conteste Nourdouddine Abdoulhoussen.
Les deux ados racontent par exemple cette scène, qui s’est déroulée au troisième jour du camp. Les enfants sont rassemblés dans une tente, où le capitaine leur apprend l’alphabet international phonétique utilisé par l’armée. Lucas, récalcitrant, fait une erreur dans un exercice. « Les encadrants m’ont emmené voir le capitaine. Il m’a dit : “Approche-toi, je ne vais rien te faire”. Puis il m’a mis une claque sur le front, et une autre sur l’œil, qui m’a retourné la paupière. Je me suis mis à pleurer. J’ai dit “excusez-moi, j’aurais pas dû”, et il m’a remis une claque derrière la tête. Il ne voulait pas que je retourne en pleurs au milieu des autres. Moi, je lui ai dit que j’allais assumer qu’il m’avait tapé », rapporte l’ado
Concernant cette scène durant l’exercice d’alphabet, M. Abdoulhoussen attribue l’altercation à Lucas, mais nie tout acte de violence : « Lors d’un exercice de phonie (Alphabet international), il a sciemment provoqué en mettant « I » pour “ISRAËL” alors que « I » c’est “INDIA”. Les cadres lui demandent s’il a compris, il a répondu que c’est ISRAËL, c’est plus facile à retenir, car ils font la guerre ! Sur ses propos choquants et destinés à semer de la mésentente, les cadres me l’ont ramené alors que je préparais l’ordre du jour pour les activités du lendemain. Je lui parle calmement et lui fait comprendre la gravité de ses propos s’il continuait. Je lui ai fait la leçon de morale et c’est tout. Et je lui ai demandé de retourner à sa place ».
Ils nous ont fait enfiler des t-shirts sur notre visage, comme des cagoules, et nous ont fait monter dans la camionnette. Là, les deux animateurs mettaient des coups à tout le monde
Dans leurs témoignages, les deux ados évoquent un autre épisode de violence. Il est 23h30 c’est l’extinction des feux. À minuit, Maël est réveillé par un coup dans son lit. C’est le signal du début de la veillée « raid-commando ». Il raconte la suite de la nuit : « D’abord, on a droit à trente minutes de briefing sous une tente. L’histoire, c’est qu’il y avait des terroristes devant le camp, et qu’on devait retrouver des balises », explique Maël.
« Ensuite, ils nous ont fait enfiler des t-shirts sur notre visage, comme des cagoules, et nous ont fait monter dans la camionnette. Là, les deux animateurs mettaient des coups à tout le monde ». À trois heures, tous se rassemblent devant la mairie d’un village. « On devait rejoindre le camp, qui était tout près. Mais là, on s’est fait tirer dessus par des balles de air-soft. Ils ont même envoyé des fumigènes de l’armée ! Après, certains avaient des traces sur les jambes. »
Nourouddine Abdlouhoussen livre une tout autre version : « À minuit, on les réveille en criant « reveillez vous , habillez-vous, et prenez un t-shirt noir avec vous, et tous en salle de réunion, vite, vite, vite… » Concernant les cagoules sur les visages et les coups reçus dans le camion, il conteste : « Faux et archi faux !!! Je les ai reçus en salle de réunion avec beaucoup de sérieux et de gravité (dans le thème du « grand jeu ») et je leur ai exposé la mission. Ensuite, on les a équipés, maquillés et leur ai demandé de mettre le t-shirt afin qu’ils ne suivent pas et ne reconnaissent pas le parcours lors de leur dépose ».
Les tirs d’airsoft en direction des jeunes ? « Encore faux et déformé, hors propos : après le dernier atelier, un partisan (je jouais personnellement ce rôle) leur a dit qu’il faut qu’ils rejoignent leur position en faisant attention, car il peut y avoir des ennemis, et ensuite conquérir l’objectif en neutralisant cet ennemi. Mission qu’ils ont réussie avec brio. Si bien que je les ai tous félicités et on a terminé par un grand En-cas festif avec des gâteaux, chocolats et jus de fruits à 4h du matin !!! »
« Mais vraiment c’était pas écrit qu’ils allaient nous taper, à aucun moment ! »
Alors que la colo le poursuit, les deux ados continuent d’appeler leur mère depuis les toilettes. Leurs appels se font de plus en plus suppliants. Ils lui envoient aussi une vidéo enregistrée discrètement le 7 juillet par l’un des deux frères, qui décide Véronique à mettre un terme à la « punition ». On y entend trois ados qui discutent avec une personne, présentée par Maël et Lucas comme étant un des encadrants. Sa voix grave, sa façon de désigner les jeunes par le « vous » et son discours d’autorité semblent en effet confirmer son statut d’encadrant.
– Il m’a mis des gifles.
– C’était pas vraiment une tarte, c’est des soufflets, tempère la voix adulte.
– Moi c’était pas une tarte la première ?, poursuit un jeune,
– Non, lui c’est une gifle qu’il a pris, Moi ce matin c’était une vingtaine de gifles, comme ça à toute vitesse, bam bam bam, reprend un autre.
– Tant que y’a pas de séquelles pour moi ça veut pas dire taper, tempère la voix d’adulte
– Ben si y’a des séquelles mentalement, lui répond un jeune.
– Regarde-moi, j’ai des boutons tellement il m’a tapé. Mais est ce qu’ils ont le droit de nous taper même ?, renchérit un autre
– Vos parents, ils vous ont mis là, ils savent comment ça fonctionne, poursuit la voix grave
– Mais vraiment c’était pas écrit qu’ils allaient nous taper, à aucun moment!, reprend son interlocuteur.
Une autre partie de la vidéo décrit une pratique encore plus violente. « Il y en a un qui l’attrape par derrière et le capitaine il fait pa pa pa pa pa », mimant le bruit des coups, assénés « dans le ventre, partout, partout ». Avant d’être coupée, la vidéo s’achève sur les mots d’un des enfants : « C’est pas humain de faire ça ».
« Bien sûr, nous ne reconnaissons pas ces faits tels que racontés ! Nous ne connaissons pas cette vidéo, et le narratif est encore une fois orienté », répondent M.Abdoulhoussen et son avocat.
« Je sentais mes enfants en danger »
Le 9 juillet, Véronique prend donc la route pour venir chercher ses fils, après quatre jours de colo. « Quand j’ai amené Lucas au devant du capitaine pour confronter leurs dires, mon fils a mis ses bras devant sa tête pour se protéger. On a pris les affaires et on est allés directement porter plainte », rapporte la mère. Une fois à la gendarmerie, elle livre son téléphone et les échanges qu’elle a eus avec ses fils pendant ces quatre jours. Les gendarmes y trouvent aussi un message où Maël menace de « faire un malheur » et de « planter » le capitaine avec un des couteaux qui traînent dans le campement. Il sera donc auditionné, quelques jours plus tard, sur ces menaces de mort. Les deux enfants se voient délivrer 6 jours d’ITT- le temps qui s’est écoulé entre leur arrivée au camp et le vendredi où ils ont été reçus par le médecin légiste.
Je pensais que ça passerait par des pompes ou des tours de terrain, plus que par des gifles
À la colo, Maël et Lucas se font un copain : Nicolas*. Auditionné par la gendarmerie, il a, selon son père, déclaré deux gifles, une par le capitaine, et une autre, derrière la tête, par un encadrant. « Il n’y a rien de spectaculaire, mon fils dit qu’il n’est pas traumatisé. Il n’y a pas eu de violence excessive. Je pensais que ça passerait par des pompes ou des tours de terrain, plus que par des gifles. C’est vrai que c’est interdit. Mais bon il faut arrêter, je ne vais pas porter plainte pour ça », poursuit-il.
« C’est faux », répond Nouroudddine Abdoulhoussen, qui se défend d’avoir donné des gifles aux enfants du camp. « Certains parents ont même été surpris du narratif de leurs enfants après coup, lorsque ces derniers ont raconté qu’ils ont exagéré sur les dires et pressions des deux enfants qui ne voulaient pas rester en séjour et qui ont déposé plainte. Nous en ferons la preuve devant la justice. »
« Rien de spectaculaire »
David*, le père de Nicolas a lui aussi envoyé son fils à la colo Laissez-les servir pour le « recadrer ». « Ce n’est pas un ado facile, mais ça n’est pas non plus un délinquant, il est en pleine rébellion contre l’autorité. Il multiplie les bêtises. On savait que c’était une colonie un peu rigide , à l’ancienne, où on ne leur dit pas “ pauvre petit garçon” », détaille-t-il. Le père va pourtant chercher son fils avant la fin de la colo. Et si c’était à refaire ? Il le referait. « Je pense que cette association a le mérite de s’occuper de jeunes difficiles. S’il y a eu des excès, il faut recadrer, mais je ne voudrais pas que cette association périsse », défend-il.
Malgré nos tentatives, les témoignages des enfants sont un matériau difficile à recouper. « Je suis désolée, mais après conseil de mon avocat, je ne donnerais pas suite afin de ne pas entraver l’enquête. L’association “Laissez-les servir” a mon soutien comme beaucoup d’autres parents. Laissons la justice se prononcer », nous a écrit une mère. Cinq autres familles n’ont pas répondu à nos sollicitations.
Suspension en urgence du directeur
Mais ce fameux matin du 11 juillet, les gendarmes n’étaient pas seuls à la lisière du champ. À leur côté, deux fonctionnaires du service départemental à l’engagement, à la jeunesse et au sport (SDJES) des Yvelines. La notification d’interruption du séjour prise par le préfet, en vertu d’articles du Code de l’Action sociale et familiale, faisait suite à un contrôle inopiné effectué le 10 juillet, sans lien avec la plainte de Véronique.
Contactée, la préfecture des Yvelines nous a fait part, par mail, de « manquements graves aux règles d’hygiène alimentaire et de conservation des denrées, présentant un danger pour la santé des mineurs ». La préfecture indique avoir constaté des « risques pour la sécurité physique », liés à « des installations et équipements inadaptés et dangereux, susceptibles de causer des blessures aux mineurs ».
Enfin, des « risques pour la sécurité morale et mentale des jeunes » : « un encadrement et des pratiques éducatives inappropriés, avec des comportements, discours et activités pouvant porter atteinte à l’intégrité morale des mineurs ». Celle de Seine-Saint-Denis ajoute : « Compte tenu du fait que le siège social de l’association est établi à Rosny-sous-Bois, le préfet de la Seine-Saint-Denis a pris, en date du 16 juillet 2025, deux arrêtés de suspension en urgence à l’encontre du directeur et de la directrice adjointe de la structure. Une enquête administrative est en cours pour faire toute la lumière sur les dysfonctionnements observés et déterminer les suites à donner ».
À la suite de cette inspection, Nourouddine Abdoulhoussen confirme avoir écopé de six mois d’interdiction d’exercer en tant qu’organisateur d’accueil de loisir de mineurs.
Des conditions d’accueil spartiates
Les parents interrogés nous confirment avoir appris de la gendarmerie que des denrées périmées avaient été trouvées dans les frigos de la colo. « Et effectivement, les gamins nous ont confirmé que les yaourts étaient tout liquides », témoigne Véronique.
« Non, ce n’était pas de la nourriture périmée, se défend Nourouddine Abdoulhoussen. Il s’agissait en particulier de poulets que nous avions congelés immédiatement et de quelques boites de conserves[…] rien ne démontrait que la chaîne du froid négatif avait été interrompue, puisque ce n’était pas le cas. »
Quid des équipements dangereux mentionnés par la préfecture ? « Les enfants se douchaient à l’eau froide, avec des tuyaux d’arrosage, dans une douche qu’ils avaient construite eux-mêmes. Il n’y avait pas de toilettes, un des encadrants a fait ramasser ses besoins à un de mes fils, dans les bois, parce qu’il n’ avait pas fait au bon endroit », poursuit la mère. Elle déplore aussi les « gros couteaux » à disposition un peu partout dans le campement.
« Cela fait des années que nous pratiquons cela, la « douche » que nous fabriquons tous les ans à partir de palettes de bois et panneaux de bois. Nous nous évertuons à bien faire le travail afin que cela soit utilisable en bonne et due forme avec toute la sécurité qui s’impose. Ensuite, en ce qui concerne l’eau, nous avons un tuyau avec paume de douche et c’est de l’eau de robinet – comme chez les scouts ! Les parents le savent et adhèrent à cette forme de rusticité », se défend Nourdoudine Abdouhloussen.
Quant aux « gros couteaux » décrits par Véronique, ils faisaient partie, selon M. Abdoulhoussen, de la vaisselle qui restait à faire : « Nos couteaux étaient déposés pour être nettoyés. Je l’avais précisé aux deux inspecteurs. Ils n’en n’ont pas tenu compte », explique-t-il.
Le 11 août 2025, la région Île-de-France nous informe qu’elle suspend la subvention de 45 000 euros, accordée à l’association en 2024, précisant attendre de la direction de l’association « des explications sur les circonstances qui ont conduit à ces arrêtés de suspension ». Elle indique aussi qu’un audit « sera mené afin d’évaluer les conditions d’utilisation des fonds publics qui ont été alloués à l’association ». La région Île-de-France a attribué 15 000 euros à Laissez-les servir en 2018 et 2019, puis 45 000 euros en 2020, 2021, 2023 et 2024.
Cet article est le premier d’une enquête en trois volets. Les prochains papiers seront à retrouver sur notre site.
Elsa Sabado et Simon Mauvieux
Si vous souhaitez-nous adresser une information, vous pouvez-nous contacter à l’adresse : contact@lebb.fr
Cette enquête a été réalisée avec le concours du Fonds pour une presse libre dans le cadre de l’appels à projets : « Extrême droite: enquêter, révéler, démonter ». Plus d’infos ici.
*Les prénoms ont été modifiés