Que du Kheir : quand la générosité remplit les cartables

Bondy 2025-09-08 View source

À chaque rentrée, c’est la même histoire, la chasse aux fournitures scolaires vire souvent au casse-tête pour les familles. Cahiers à petits carreaux, compas, calculatrices, agendas… La liste est longue et la facture salée.

Ilias, bénévole à l’association Que du Kheir, remplit un cartable pour un élève de primaire : « On suit la liste de fournitures donnée par les écoles : cahiers de brouillon, crayons, feutres, ardoises, calculatrices, agendas… Certains enfants ont même besoin de deux trousses. ». Une trousse coûte en moyenne 7 euros en grande surface.

« Rien que pour un élève de primaire, il faut compter entre 25 et 40 euros, et jusqu’à 100 euros pour un lycéen », décompte Ilias. Un coût qui pèse lourd dans les foyers, surtout lorsque plusieurs enfants sont concernés. Selon l’association Familles de France, le panier moyen en 2025 s’élève à 211 euros pour un collégien et 427 euros pour un lycéen. Résultat : 87 % des parents se disent stressés à l’approche de la rentrée.

L’école est souvent le premier lieu où les inégalités sociales apparaissent

Pour alléger cette charge, Que du Kheir a collecté fournitures et cartables au Cultura de Gennevilliers. Près de 750 euros ont été nécessaires pour préparer une quinzaine de sacs, complétés par des dons de particuliers. « Chaque geste compte. Imaginer les enfants découvrir leur cartable neuf, leurs cahiers et leurs stylos, c’est incroyable », sourit Ilias.

Depuis sa création en 2024, l’association, présidée par Bilal Hadji, a mené des maraudes de distributions alimentaires et se concentre aujourd’hui sur la distribution de fournitures scolaires. Elle intervient dans différents foyers : mineurs isolés, foyers de réhabilitation sociale à Gagny, foyers de femmes isolées, ainsi qu’à la Maison des Femmes à Saint-Denis.

« Dans les foyers de mineurs isolés, les mineurs n’ont pas accès aux aides de l’État. Même dans les cas où les familles bénéficient de ces aides, elles les utilisent pour des besoins plus urgents, comme se nourrir ou avoir un toit. Par ailleurs, il est important de rappeler que certaines familles n’ont pas du tout accès à l’aide de l’État », précise Bilal.

« L’école est souvent le premier lieu où les inégalités sociales apparaissent. Offrir un sac complet ne résout pas tout mais c’est un pas. » Et c’est déjà ça de pris.

Halima Taieb Amara