La ministre de la Santé Stéphanie Rist a défendu devant l'Assemblée nationale la réorganisation de Santé publique France (SpF) décidé par le gouvernement comme « un choix d'efficacité », face aux inquiétudes de nombre d'acteurs de la santé publique.
Sur la consommation de tabac, d'alcool, de sucre ou encore sur l'impact des pesticides comme de la pollution de l'air, SpF « synthétise l'expertise scientifique et la met à disposition du grand public » et « nous pouvons aussi agir sur ces maux grâce à ses campagnes de prévention. Mais c'est cette agence que votre gouvernement est en train de démanteler », lui a lancé Hendrik Davi, député écologiste, dans l'hémicycle.
Le gouvernement a annoncé fin janvier un « recentrage stratégique » de SpF, dont plusieurs missions, comme la gestion des stocks stratégiques et le pilotage de la réserve sanitaire, vont être transférées au ministère de la Santé. Les campagnes de communication incomberont à partir de 2027 au ministère et à l'Assurance-maladie.
L'élu des Bouches-du-Rhône a dénoncé « une attaque en règle de plus contre les scientifiques » et accusé l'exécutif : « vous attaquez les savoirs qui menacent des lobbies que vous protégez : Marlboro, Ricard, Lactalis, Monsanto et tant d'autres ».
« Mieux coordonner »
Un collectif de 350 acteurs de santé publique a aussi dénoncé, dans une tribune publiée dimanche dans Le Monde, la réorganisation de l'agence sanitaire, appelant notamment à préserver son rôle dans les campagnes de prévention.
Le Dr François Bourdillon, qui a fondé puis dirigé SpF de 2014 à 2019, a dit, lui, craindre « une reprise en main » d'une agence « attaquée alors qu'elle assume pleinement ses missions et qu'il y a tant à faire dans la santé ».
Pour Stéphanie Rist, le transfert des campagnes nationales de communication ne va pas « remettre en cause les missions de SpF en matière d'expertise, de surveillance épidémiologique, de prévention et promotion de la santé », mais au contraire « rendre la parole publique plus lisible et mieux coordonnée ».
« Une mission d'inspection est encore en cours pour définir les modalités précises de cette réorganisation », a-t-elle ajouté, écartant toute « mesure d'économie ».
Le gouvernement envisage de faire environ deux milliards d'euros d'économies supplémentaires sur les agences et opérateurs de l’État, avait indiqué mi-janvier la ministre de l'Action et des Comptes publics, Amélie de Montchalin.
Avec AFP