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À l’occasion de la démission probable du Premier ministre, François Bayrou, Les Surligneurs reviennent sur un an et demi de crise politique et d’événements constitutionnels inédits durant lesquels nous vous avons accompagnés pour décrypter la période.
L’histoire ne se répète pas, elle bégaie. Démission d’un énième Premier ministre, incertitudes sur sa succession et sur le vote du budget … On se croirait, à s’y méprendre, à la fin de 2024. Ce lundi 8 septembre 2025, le Premier ministre, François Bayrou prononcera devant l’Assemblée nationale son discours de politique générale – en réalité plutôt centré sur un constat que sur un programme –, suivi d’un vote de confiance. Plus qu’un pari risqué, celui qui est chef de gouvernement depuis le 13 décembre 2024 semble plutôt avoir choisi sa sortie tant ses chances de survie sont minces. L’issue de ce vote paraît claire à tous les observateurs : la démission du Premier ministre, comme prévu à l’article 50 de la Constitution.

François Bayrou lors de sa conférence de presse de rentrée le 25 août 2025. Photo : Dimitar Dilkoff / AFP
Sur les années 2024 et 2025, ce pourrait donc être le quatrième Premier ministre qui démissionne (Elisabeth Borne le 8 janvier 2024, Gabriel Attal le 16 juillet 2024, Michel Barnier le 5 décembre 2024), autant dire que les Français commencent à bien connaître les procédures qui en découlent, notamment en ce qui concerne la gestion des affaires courantes.
Le gouvernement d’Attal est jusqu’à maintenant le plus long gouvernement démissionnaire resté en place sous la Cinquième République, et la question de la portée des affaires courantes a été posée alors que se préparait le projet de loi de finances 2025.
Une interrogation qui va forcément se poser de nouveau en cette rentrée politique 2025, si François Bayrou est contraint de démissionner. Le gouvernement a jusqu’au 7 octobre pour déposer son projet de loi de finances 2026 au Parlement. Mais le gouvernement démissionnaire peut-il vraiment faire adopter un budget alors qu’il n’en a plus la légitimité ?

Le 3 février 2025, François Bayrou devant l’Assemblée nationale lors des discussions sur le PLF et le PLFSS 2025. Crédit : Bertrand GUAY / AFP
Il faut dire que, sans budget, l’horizon est plus flou. En novembre 2024, Elisabeth Borne, alors simple députée, tentait de justifier une utilisation possible de l’article 49 alinéa 3 de la Constitution pour faire passer le PLF en assurant que la France vivrait un véritable “shutdown” à l’américaine en cas de non-adoption du budget. C’est faux.
La fin de l’année 2024 avait tant mouvementé avec la censure du gouvernement Barnier, que le projet de loi de finances 2025 n’avait pas été adopté avant la fin de l’année précédente, comme le prévoient les textes. Pour permettre la continuité de l’État, le gouvernement avait alors plusieurs options.

François Bayrou lors de son discours de politique générale le mardi 14 janvier 2025. Crédit : AFP / THOMAS SAMSON
Les adoptions au forceps des derniers projets de loi de finances montrent qu’il est également compliqué pour un gouvernement non démissionnaire de les faire adopter dans la répartition parlementaire actuelle. En mai 2025, le Premier ministre François Bayrou évoquait l’idée de faire adopter le PLF 2026 par référendum.

François Bayrou et Patrick Mignola, ministre chargé des relations avec le Parlement à l’Assemblée nationale le 20 mai 2025. Crédit : JULIEN DE ROSA / AFP
Au-delà de l’hypothèse d’un gouvernement démissionnaire qui s’étale dans la longueur, Emmanuel Macron sera, encore, dans l’obligation de nommer un nouveau ou une nouvelle Premier ministre, comme il l’avait été en décembre 2024 lorsque le gouvernement de Michel Barnier avait été censuré.

Emmanuel Macron annonce la dissolution du parlement, dimanche 9 juin 2024. Crédit : Ludovic Marin/AFP
Cette nomination du Premier ministre puis de son gouvernement doit respecter certaines règles. Mais, contrairement à ce qui avait été réclamé, en juin 2024, par le Nouveau Front Populaire, le président n’a pas pour obligation de nommer un Premier ministre issu de la formation politique avec le plus de représentants au Parlement. Mais il doit prendre en compte que si une majorité de députés est hostile au Premier ministre, ce dernier sera censuré.
Les Surligneurs s’étaient déjà penchés sur les règles juridiques qui entourent le processus de nomination d’un nouveau gouvernement. Voici un rappel de la marche à suivre pour nommer le gouvernement qui succèdera à celui de François Bayrou.
Vous avez tout suivi jusque là ? Faîtes le point sur vos connaissances.
Auteurs :
La rédaction des Surligneurs
L’article Vote de confiance : démissions, budgets, nominations … un an et demi de bouleversements institutionnels est apparu en premier sur Les Surligneurs.