Podcast & photos : Les comptines de Bobigny, saison 3 !

Bondy 2026-02-12 View source

Dix séances au sein de la Maison de l’Enfance Mozart auront permis de reconduire, avec une douzaine d’enfants, ces enquêtes simultanées dans les familles, où les participants questionnent, enregistrent et photographient.

Les comptines, les chansons que l’on aime et que l’on transmet dans les familles sont un beau prétexte pour s’écouter, refaire la généalogie familiale, revenir sur l’enfance dans une autre ville, parfois dans un autre pays.

Mon rêve c’est de voir en vrai la mère de ma mère.

Depuis trois ans que ces cycles ont lieu, les choses évoluent subtilement : les comptines ne sont plus si présentes, les parents ne chantent plus si souvent à leurs enfants, ne s’en souviennent pas ou bien n’osent pas chanter au micro. Les chansons pop prennent plus de place, on chante par-dessus une vidéo Youtube.

Alors on recompose les fragments de souvenirs, avec les arbres généalogiques, avec des histoires lues dans des livres, avec le son de villes inconnues. Les portraits sonores qui en résultent donnent à entendre une géographie multiple et une lecture du monde à hauteur d’enfant de Bobigny : on parle d’endroits qu’on connaît comme dans un souvenir lointain, de pays quittés dans l’enfance, des personnes avec qui on grandit, et des rêves qu’on a, à l’âge qu’on a.

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Si dans certaines familles il est facile de raconter son pays d’origine en photo, pour d’autres, c’est plus compliqué. Les objets du quotidien, la nourriture ou encore les vêtements traditionnels sont moins présents lorsque les parents sont déjà de deuxième ou troisième génération d’exilés.

Parfois, c’est chez les grands-parents que l’on va chercher un livre en chinois ou un jeu hérité de leur enfance sur un autre continent. Ce qui est sûr, c’est que les maillots de football sont toujours bien présents, notamment car la CAN (Coupe d’Afrique des Nations) a eu lieu quelques semaines après les ateliers. Que ce soit en plan large, pour montrer des décorations (tableaux, statues), des tenues traditionnelles ou encore en plans serrés (plats du pays d’origine, jouets, bijoux) la photographie est un formidable outil pour mettre en lumière des histoires de transmission culturelle.

 

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Une sortie au studio Boissière de Montreuil est venue prolonger le travail mené lors des ateliers. Les enfants y ont découvert l’envers du décor de la photographie argentique : le studio, la lumière, puis le laboratoire, où les images prennent forme lentement, dans la chambre noire.

Cette saison 3 s’est conclue par une exposition à la Maison de l’enfance Mozart, pensée comme un temps de restitution ouvert aux familles. Les photographies ont été mises en valeur dans des cadres fabriqués par les animatrices et les enfants eux-mêmes, prolongeant l’idée de transmission jusque dans la scénographie. En écho aux images, une projection sonore des podcasts permettait d’écouter les voix, les récits, les silences aussi.

Un temps de restitution ouvert, où la mise en commun de récits intimes a permis de fabriquer un récit collectif à l’échelle de la ville.

Projet réalisé grâce au soutien financier du Contrat de Ville de Bobigny.
 
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