« Menteur et manipulateur », Gwendal L. a harcelé son ancienne copine pendant des mois. Pour ces faits, il a été condamné à un an de prison et avait déjà été condamné pour des violences sur une autre femme en 2022.
À peine est-il entré dans le box qu’il adresse un cœur avec les doigts à sa nouvelle copine, assise au fond de la salle d’audience. « C’est par ici que ça se passe », le rameute la présidente. À Nantes (44), le 21 janvier, Gwendal L., 24 ans, est jugé en comparution immédiate pour détention d’arme et harcèlement. La victime est l’une de ses anciennes compagnes. Elle est absente mais a écrit au tribunal pour se constituer partie civile. Intermittente du spectacle, Laure G. est sortie avec Gwendal L. entre septembre 2023 et février 2024. Ils ont ensuite gardé contact jusqu’en juillet 2025. Fatiguée par son côté « menteur et manipulateur » cite la présidente, elle a rompu tout contact.
Deux mois plus tard, en septembre 2025, elle pousse les portes de la gendarmerie. Dans sa déposition, elle raconte qu’en août, après un concert sur lequel elle travaillait, Gwendal L. l’avait attendue à 3 heures sur le parking avec une arbalète. « À cette heure-là, soit je dors soit je prends la lune en photo », conteste l’intéressé. Coutumier de propos néonazis pendant leur relation, Laure G. le soupçonne aussi d’avoir tagué, un autre jour, une croix gammée et l’inscription « antifa » au pied de sa voiture. « Je suis dysgraphique, je ne peux pas écrire trois “A” de la même façon, là, c’est trop parfait pour que ce soit de moi », se défend Gwendal L. Au sujet de la croix gammée, il clame qu’il est « d’origine juive » puis tient bon à préciser qu’il a « une partie en moins » en désignant son entrejambe. « Vous êtes circoncis en fait », coupe court la présidente.
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Elle rappelle ensuite que Gwendal L. s’est inscrit dans la même salle de sport que son ex et qu’il a emménagé à proximité de chez elle, ce qui a poussé celle-ci à déménager. Vue par un médecin, elle a bénéficié de quatre jours d’incapacité de travail pour l’ensemble des faits de harcèlement. Deux de ses anciens colocataires ont été entendus par les gendarmes. Ils ont dépeint Gwendal L. comme quelqu’un « d’impulsif » et aux « opinions politiques extrémistes ». La présidente cite le père de Gwendal L., entendu durant la procédure :
« D’un point de vue idéologique, mon fils est raciste même s’il dit le contraire. »
Des violences sur son père
En 2019, Gwendal L. a poussé violemment son père, ancien militaire. Un geste qui lui a valu sa première des trois condamnations figurant à son casier. En 2022, il avait été condamné pour des violences avec usage d’un couteau sur une autre petite amie. L’affaire avait été ouverte pour tentative de meurtre avant d’être correctionnalisée. Gwendal L. avait été examiné par un expert psychiatre qui avait retenu une altération de son discernement.
Bien avant ça, sa petite sœur avait dénoncé des faits d’agression sexuelle. « Ça a été classé sans suite », certifie le prévenu lors de son audience du 21 janvier. Ce à quoi la procureure lui répond que c’est parce qu’il n’avait pas encore 13 ans. Ce passif, sa nouvelle copine assise au fond de la salle ne le connaît pas. « Je comptais lui en parler, avec elle je suis attentionné », renseigne, sourire aux lèvres, Gwendal L.
Passion des armes
Se décrivant comme quelqu’un « d’extrêmement jovial », il ne travaille pas mais se vante d’avoir une grande activité de bénévolat. Outre des maraudes au contact des personnes sans domicile fixe et son engagement dans « l’écologie urbaine », Gwendal L. s’est fait des amis au sein du Souvenir Vendéen. Cette association presque centenaire s’échine à « entretenir la mémoire » des guerres de Vendée — guerre civile durant la Révolution française entre la République et les royalistes — et qui a propagé en premier le terme de « génocide vendéen », repris depuis par l’extrême droite locale comme Philippe de Villiers.
Son engagement aurait apparemment servi à assouvir son « addiction à l’adrénaline » et sa passion des armes en « jouant à la guerre avec des billes ». Chez lui, les gendarmes ont confisqué plusieurs pistolets et fusils airsoft, ainsi qu’une dague et des munitions de catégorie B. « Mon rêve, c’est l’armée, je rentre en mars dans la Marine nationale », poursuit Gwendal L. En réalité, un dossier d’admission a été déposé « en mars 2025 mais est resté non abouti puis clôturé en août 2025 », affirme la Marine.
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Après délibération, Gwendal L. a été condamné à huit mois d’emprisonnement ferme plus quatre mois de révocation d’un précédent sursis. Cette peine d’un an est aménageable devant le juge d’application des peines. Il aura l’interdiction de contacter Laure G. et de se présenter aux abords de son domicile pendant trois ans. Les juges ont allongé l’interdiction de détenir une arme à dix ans.
Illustration de la Une par Kiblind – Déborah Schmitt