À 15 ans, Jenyfer Magweth tombe dans le trafic de drogues puis découvre le monde des escorts et des maisons closes. Avec son association, elle veut désormais sortir les jeunes filles de la prostitution.
Elles étaient une bande de huit copines à faire la mule. Entre deux fêtes tous les week-ends, elles transportaient de l’Oise à la Bretagne coke, héroïne et crack. Jenyfer Magweth en a fait partie.
Ado, elle décide d’intégrer le lycée de Compiègne (60) où elle fait la connaissance de Mariame (1), la fille « populaire » qui doit rembourser un dealer après avoir perdu une valise remplie de drogues. Elle va l’aider. En deux semaines, c’était fait. Les deux copines vont se mettre à vendre du cannabis pour lui, et cela pendant deux ans avant de devoir prendre en filature Mélissa (1), sa copine. Cette dernière est frappée.
Les trois se lient dès lors d’amitié, le quittent et commencent à s’associer avec des amies pour faire la mule. Petit à petit, certaines d’entre elles deviennent escorts. Jenyfer, elle, assurera la sécurité de ses copines, sans se rendre compte qu’elle pouvait être affiliée à du proxénétisme.
Quelques années plus tard, en Belgique, elle tentera l’expérience en maison close le temps d’une soirée. Le premier client achètera une bouteille de champagne ; le second lui demandera de « lui faire des choses ». De ce parcours — et de son expérience en tant qu’agent d’accueil à la mission locale d’Épinay (93) — elle fonde en 2018 sa structure, l’association Divergence, pour aider un public venant ou risquant de se prostituer. Elle accueille des mineurs, il y aurait aujourd’hui 10.000 prostituées de moins de 18 ans en France.
(1) Le prénom a été modifié.