Fans du Frexit, proches d’un groupe violent, associés de Renaud Camus : dix candidats RN à nouveau épinglés

StreetPress 2026-03-20 View source

StreetPress révèle dix nouveaux candidats problématiques pour le RN. Alliés d’un mouvement identitaire violent du Sud-Est, candidats proches de Florian Philippot et fans du Frexit, anciens d’une liste de Renaud Camus… Revue du troupeau.

À ce stade, StreetPress se rapproche de l’incarnation journalistique du mythe de Sisyphe. À chaque fois que nous travaillons sur des candidats problématiques au sein des listes du Rassemblement national (RN) et de ses alliés aux élections municipales, d’autres tombent dans notre escarcelle. Cette fois, avec l’aide statistique du collectif Démocratiser la politique, c’est après avoir comparé la présence sur des listes aux élections européennes à l’extrême droite des partis de Marine Le Pen ou d’Éric Ciotti que dix nouvelles têtes sont apparues.

Certaines ont figuré sur la liste de Renaud Camus, théoricien fumeux du « grand remplacement » qui avait abandonné la course en 2019 après des saluts nazis de certaines de ses colistières. D’autres viennent des Patriotes du conspirationniste Florian Philippot et soutiennent toujours le Frexit, la sortie de la France de l’Union européenne. Quelques-uns ont frayé avec le très pétainiste Parti de la France (PDF) ou des mouvements identitaires violents. Il y en a même qui se sont engagés sur une obscure liste royaliste. Revue d’effectifs de ces nouveaux profils qui montre que le RN est toujours bien ancré à son extrême droite.

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Catherine Dorten : l’exclue du RN qui revient par la fenêtre

À Cannes (06), Catherine Dorten a longtemps été la seule représentante du parti lepéniste. Entre 2014 et 2017, l’infirmière de 70 ans qui n’a pas sa langue dans sa poche était au conseil municipal local avant de claquer la porte. La revoilà en 2026 en douzième position sur la liste du RN Lucas Mussio pour le scrutin de la ville. Pas de quoi être élue au conseil municipal après la large victoire du maire sortant David Lisnard (LR). Mais retrouver celle qui est passée par Air France et aussi Saudi Arabian Airlines dans les années 1980 sur une liste estampillée Marine Le Pen est déjà une petite surprise.

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Sur les réseaux sociaux, Catherine Dorten attaque le Rassemblement national avant de se présenter, trois mois plus tard, sur la liste du RN menée par Lucas Mussio pour le scrutin de Cannes. / Crédits : DR

En 2023, alors qu’elle vient d’être nommée déléguée de la 8e circonscription des Alpes-Maritimes de l’Avenir français — micro-parti du député très lepéniste Jean-Philippe Tanguy au sein du RN —, « Libération » rappelle sa présence sur la liste La ligne claire de l’écrivain d’extrême droite Renaud Camus aux élections européennes en 2019. Ce dernier a popularisé la théorie complotiste et raciste du « grand remplacement », affirmant qu’un processus de substitution des populations blanches de culture judéo-chrétienne par des populations essentiellement originaires des pays africains ou arabo-musulmans.

« Je n’accepte personne qui a été volontairement sur la liste de ce dingue infréquentable », répond alors Jean-Philippe Tanguy, qui exclut Catherine Dorten. Une position toujours tenue par le député RN auprès de StreetPress. Il précise que Catherine Dorten a d’abord été suspendue avant d’être « exclue définitivement » pour des « propos extrémistes ».

« Oui, et alors », lance cette dernière à StreetPress au téléphone quand on lui rappelle l’affaire. « Un prétexte » pour son éviction, selon Catherine Dorten. Elle revient sur sa participation à la liste de Camus : à l’époque, la frontiste est en « déshérence » avec le mouvement lepéniste et part au Siel (Souveraineté, identité et libertés), ancien mouvement satellite du FN que Renaud Camus a rejoint en 2015. Catherine Dorten « sortait » à ce moment-là « avec le président » du Siel. « Il m’a foutu sur la liste de Camus sans me demander. Je ne suis pas amie avec lui, je le trouve très embrouillé, sophistiqué dans ses propos. Ce n’est pas ma personnalité ! », détaille celle qui est revenue au RN par la petite porte.

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Si elle est désormais à nouveau sur une liste RN, c’est après une demande du candidat Lucas Mussio. « C’est un type très gentil, il est en train de se faire circonvenir par tout le monde d’ailleurs. Il m’a demandé le service, je lui ai rendu », détaille Catherine Dorten, qui n’a pas repris sa carte au parti. Si elle ne se dit « pas sectaire », l’infirmière qui travaille « du matin au soir » reproche aux partis politiques « d’être enfermés dans des dogmatismes » :

« Là on nous dit, “c’est les étrangers, c’est les étrangers”… Il y a plein de bons Français qui foutent rien, qui sont au RSA, qui cherchent pas de travail, c’est hallucinant. Peut-être faut payer plus cher les gens, j’en sais rien. »

« Le RN, c’est un sac de nœuds, il y a toujours des ambitions. Je suis écœurée par la politique », relance la septuagénaire, qui assure que malgré son CV politique, elle n’est pas « une fanatique, pas une méchante ». Catherine Dorten a surtout encore une dent contre Jean-Philippe Tanguy. « Je suis sûr qu’il va trahir le RN », appuie-t-elle avant de lâcher : « De toute façon, son programme économique, c’est de la merde. »

Bernard Calujek, l’ombre de Renaud Camus à Châlons-en-Champagne

Si Achille Bisiaux a enregistré au premier tour le score honorable de 26,88 % à Châlons-en-Champagne (51), c’est en partie grâce à Bernard Calujek, en cinquième position sur sa liste. Il s’agit d’« un ancien militaire qui a à cœur de travailler sur les questions d’urbanisme et de commandes publiques », comme l’a présenté le candidat de 27 ans du Rassemblement national, dans une vidéo en direct enregistrée le 22 février.

Mais ce que la tête de liste se garde bien de dire, c’est que son poulain frayait encore récemment avec l’auteur et homme politique à l’origine de la théorie raciste et conspirationniste du « grand remplacement », Renaud Camus. Lui et Bernard Calujek sont amis sur Facebook — sur les deux comptes personnels du colistier — et ce dernier, a comme Catherine Dorten, figuré en 37e position sur la liste camusienne La ligne claire aux élections européennes de 2019.

Le sexagénaire s’était également présenté aux élections législatives dans la quatrième circonscription de la Marne en 2017, sous les couleurs du parti Siel. Interrogé à l’époque par le quotidien local « L’Union », Bernard Calujek racontait vouloir « stopper l’invasion migratoire » et avoir quitté le Front national (FN), « lassé des histoires politiciennes au niveau national ». Le voilà finalement revenu sur ses pas. Contactés par StreetPress, ni Bernard Calujek ni Achille Bisiaux n’ont donné suite avant la parution de cet article.

Jacqueline Quilès, proche du mouvement identitaire violent Ligue du midi

« Elle est fatiguée, elle est malade en ce moment. Vous l’appelez la semaine prochaine », oppose la femme de ménage de Jacqueline Quilès au téléphone. Cette dernière a été de la campagne déjà perdue par le RN à Béziers (34) contre le maire sortant Robert Ménard. En 48e position, l’octogénaire n’avait aucune chance d’entrer au conseil municipal.

Jacqueline Quilès a l’habitude, c’est une vieille routière de l’extrême droite. Dès 1988, elle représente le Front national aux élections cantonales à Béziers. Elle a ensuite été candidate pour le mouvement du monarchiste Philippe de Villiers aux législatives de 1997 dans l’Hérault avant de rejoindre celui d’un autre partisan de l’extrême droite ayant quitté le FN avec fracas : Jean-Claude Martinez. Il a convié Jacqueline Quilès sur ses listes aux élections européennes de 2009 et aux régionales de 2010, sous l’étiquette Force Vie. Surnommé par ses détracteurs au FN le « professeur Tournesol de l’alter-nationalisme », Martinez s’est surtout associé au scrutin européen avec le Parti de la France — des déçus et exclus du FN qui ont viré pétainistes.

Ce n’est pas la seule radicalité de Jacqueline Quilès. Celle-ci a aussi été proche du Bloc identitaire et de la Ligue du Midi. « On la connaissait bien, je l’ai rencontrée dans le cadre d’une association de défense de l’Algérie française », pose à StreetPress le septuagénaire identitaire, Richard Roudier. Celui qui s’est vanté dans son autobiographie d’avoir « une réputation de psychopathe » depuis ses affrontements contre des militants d’extrême gauche en Mai 68 à la chaîne de vélo est le patron de la Ligue du Midi, un groupuscule auteur de nombreuses violences dans le Sud-Est. Sa femme, Maryvonne, qui — selon les termes de Richard Roudier — « n’hésite pas à faire le coup de poing », a d’ailleurs côtoyé Jacqueline Quilès sur la liste de Jean-Claude Martinez aux élections sénatoriales de 2014.

Ce ne serait pas la seule de la Ligue du Midi sur des listes du RN. Au téléphone, Richard Roudier évoque plusieurs profils dans « des grandes villes du Gard et de l’Hérault ». « Ils ne sont pas totalement sur nos positions, en particulier sur l’identité mais il peut y avoir quelques petites accointances », dessine-t-il sur ce qu’il appelle des « compagnons de route » du parti lepéniste.

Frédéric Lizé, l’autre proche de la Ligue du Midi

StreetPress et le média local de Montpellier « Le Poing » ont d’ailleurs repéré un autre membre de la Ligue du Midi : Frédéric Lizé, candidat en cinquième position sur la liste du député RN Julien Gabarron à Béziers. Le quinquagénaire n’en est pas à sa première campagne électorale : il a été candidat sous l’étiquette du groupuscule identitaire raciste et violent aux élections régionales de 2010.

En 2018, il signait une tribune contre le Pacte de Marrakech sur les migrations, publiée sur le site du groupuscule. À côté de son nom, une mention explicite : « Ligue du Midi Béziers. » Parmi les autres signataires, il y a Richard Roudier, président de l’organisation. Avant de découvrir ce nouvel allié du mouvement au sein d’une liste RN, le patron occitan — qui a aussi été engagé au sein de la Coordination rurale dans le Gard — avait assuré à StreetPress qu’avoir certains de ses membres avec le parti lepéniste n’était « pas très important ». « On sait bien qu’on ne va pas gagner contre Robert Ménard. » Contacté pour savoir s’il avait le même avis, Julien Gabarron n’a pas donné suite.

Mélanie Disdier, la cadre lepéniste mais ancienne du Parti de la France

Tête de liste du RN à Caudry (59), dans le Nord, Mélanie Disdier n’est pas une inconnue auprès de son parti. Son CV non plus. Conseillère municipale dans la ville qu’elle essaie de diriger depuis 2003, elle est également eurodéputée lepéniste depuis 2024. Mais chez Jordan Bardella and Co, tout le monde a l’air de s’être accordé avec son passif de 2008 à 2010 au sein du Parti de la France — le parti des déçus et exclus du RN qui a viré pétainiste. Mélanie Disdier a été sur leur liste aux élections européennes en 2009, avant de retourner au bercail frontiste par l’intermédiaire de l’ancien vice-président Steeve Briois.

« Je l’ai croisée quelques fois mais elle n’était guère impliquée dans le parti », nuance Thomas Joly, le chef du PDF. « Je pense qu’elle est plus une suiveuse qu’une meneuse, elle n’a pas vraiment de formation politique », détaille-t-il. Contactée, Mélanie Disdier n’a pas répondu aux sollicitations de StreetPress.

Zoé Poziemski, jeune royaliste chez Matthieu Valet à Lille

« J’ai 19 ans. J’aime ce pays, ses racines, ses valeurs, son patrimoine. Je suis royaliste. » C’est par ces mots que Zoé Poziemski se présentait, dans un court spot de campagne diffusé par l’Alliance royale en 2019. Cette année-là, le mouvement politique fondé en 2001 qui souhaite un retour à la monarchie avait investi une liste aux élections européennes, laquelle était menée par Robert de Prévoisin. Zoé Poziemski y occupait la quatrième place.

Sept ans plus tard, elle a tenu à renouveler l’expérience politique en se présentant à Lille (59) aux côtés de l’eurodéputé RN Matthieu Valet. Elle est cette fois le dixième nom sur la liste, qui s’est qualifiée de justesse pour une quinquagulaire au second tour, avec 10,92 % des suffrages exprimés dimanche 15 mars. Les idées de celle qui clamait que « la France mérite un guide, elle mérite un roi » ont-elles changé ? A-t-elle abandonné la reconquête du trône ?

Jointe par StreetPress, Zoé Poziemski confirme par SMS sa présence sur les deux listes et explique qu’elle n’a pas renouvelé son adhésion à l’Alliance royale, où elle était pourtant une militante « très motivée » ayant assisté à plusieurs réunions, comme nous l’a confié Robert de Prévoisin. « Je suis encartée au RN depuis deux ans », poursuit celle dont « les idées pour la société se rapprochent » du parti lepéniste, lequel a davantage le vent en poupe. Et de préciser :

« Le royalisme reste bien sûr dans mon cœur mais j’ai pris conscience que la société actuelle était faite ainsi et qu’un retour du roi en France est presque improbable, ou en tout cas pas pour les prochaines années, voire centaines de prochaines années. »

Contactés, Matthieu Valet et la fédération RN du Nord n’avaient pas donné suite avant la parution de cet article.

Patricia Bruckmann, l’ex-cadre locale des Patriotes à Forbach

Infirmière de profession, Patricia Bruckmann est quelque peu connue à Forbach (57), ville lorraine d’environ 20.000 habitants. Dans le cadre du scrutin municipal des 15 et 22 mars, elle s’est présentée en 30e position sur la liste d’Éric Diligent, soutenue notamment par le RN. Celle-ci s’est qualifiée pour une triangulaire peu encourageante au second tour, avec 19,22 % des suffrages exprimés, loin derrière les 47,8 % du candidat Les Républicains.

En queue de liste, Patricia Bruckmann ne sera donc pas élue. Mais son profil n’en est pas moins intéressant tant il gravite autour de Florian Philippot. En 2014, alors qu’il était encore au Front national, le candidat l’avait pour première colistière lors de l’élection municipale de Forbach. La liste bleu marine avait recueilli 35,17 % des voix. Six ans et un mandat de conseillère municipale dans l’opposition plus tard, Patricia Bruckmann s’était à nouveau présentée avec Florian Philippot en 2020.

Mais elle n’était pas, cette fois, sous l’étiquette du FN/RN, que le cadre d’extrême droite a quitté en 2017 pour créer son propre mouvement, Les Patriotes. Et contre Éric Diligent, déjà candidat lui aussi. Résultat : 9,7 % au premier tour. L’infirmière était même responsable départementale du parti eurosceptique et conspirationniste en 2018. Et figurait, en 2019, sur la liste Ensemble Patriotes et Gilets jaunes : pour la France, sortons de l’Union européenne ! aux élections européennes. Contactés, ni Patricia Bruckmann ni Éric Diligent, ancien candidat de Reconquête aux élections législatives de 2022, n’avaient donné suite avant la parution de cet article.

Olivier Fostier, le Gilet jaune de Charleville-Mézières passé chez Florian Philippot

Le 23 mars 2019, la vie d’Olivier Fostier bascule. Comme l’a raconté l’Agence France Presse, le Gilet jaune d’alors 49 ans est touché par un tir de LBD lors d’une manifestation et perd en partie l’usage de son œil. Cette année-là, il est déjà référent du parti politique de Florian Philippot, Les Patriotes, dans les Ardennes et il s’apprête à se présenter en 31e position sur la liste Ensemble Patriotes et Gilets jaunes : pour la France, sortons de l’Union européenne !.

Une proximité avec une formation eurosceptique et conspirationniste, notamment sur le Covid-19, qui n’empêche pas Olivier Fostier d’être candidat en 2026 à l’élection municipale de Charleville-Mézières (08). Il figure en troisième position sur la liste d’union à l’extrême droite — soutenue notamment par l’UDR et DLF — emmenée par Romain Petitfils, ancien cadre local de Reconquête et désormais coordinateur départemental d’Identité-Libertés (IDL), le parti de Marion Maréchal-Le Pen.

Jointe par StreetPress, la tête de liste « savait très bien » qu’Olivier Fostier avait milité chez Les Patriotes. Et ajoute qu’il a également été candidat en son nom aux élections municipales de Neufmanil (08) en 2020 et investi par le Rassemblement national lors du scrutin départemental de 2021. Avant, pour finir, de suppléer un candidat Reconquête aux élections législatives de 2022. En somme, donc, un véritable panoramique à 360 degrés de l’extrême droite française. Rien, malgré de fortes divergences programmatiques entre autres sur l’Europe, qui ne posent problème à Romain Petitfils. Les Patriotes ? « Ça date de 2019, vous savez comme moi que comme à gauche on évolue », répond-il. Avant d’ajouter :

« Je n’ai pas de souci particulier avec Olivier Fostier. Il est libéral sur le fond, identitaire sur la forme, tout comme moi. »

Contacté, notamment par le biais de sa tête de liste, le colistier n’avait pas donné suite avant la parution de cet article.

David Vidal Ponsard, un ancien des Patriotes à Pau aux idées inchangées

À Pau (64), ce ne sont pas quelques incartades du passé qui vont faire peur à la candidate RN Margaux Taillefer. La vingtenaire, dont Mediapart a récemment révélé de nombreuses publications en ligne racistes, LGBTphobes et grossophobes, s’est qualifiée au second tour de l’élection municipale, avec 16,26 % des suffrages. Pour la triangulaire qui l’attend dimanche 22 mars, elle peut compter sur le soutien de David Vidal Ponsard, qu’elle a placé en huitième position sur sa liste.

Un sentiment de déjà-vu pour le Palois, qui figurait déjà, aux élections municipales de 2020, en septième position de la liste locale de Debout la France, le parti de Nicolas Dupont-Aignan. Son score ? 3,01 % des suffrages exprimés. Un an plus tôt, David Vidal Ponsard avait toutefois fait encore moins — 0,65 % — en s’engageant aux côtés de Florian Philippot sur sa liste Ensemble Patriotes et Gilets jaunes : pour la France, sortons de l’Union européenne !.

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Il militait depuis 2017 au sein de la formation conspirationniste, connue pour son rôle désinformationnel durant la pandémie de Covid-19 et son opposition ferme à la vaccination obligatoire. David Vidal Ponsard, qui dénonçait alors toute honte bue sur Twitter un prétendu « apartheid » persécutant les non-vaccinés, en était même devenu le référent dans les Pyrénées-Atlantiques. Avant de quitter le navire — « pas [à cause d’]un changement d’idées » — pour rejoindre le RN en mars 2025.

Contactés, ni David Vidal Ponsard ni Margaux Taillefer n’ont donné suite avant la parution de cet article.

Jean-Paul Valour, le fan du Frexit chez Ciotti

Déjà candidat aux précédentes élections à Firminy et conseiller municipal Les Patriotes pendant six ans, Jean-Paul Valour ne sera pas davantage élu à ce nouveau scrutin local. La liste UDR, le parti d’Éric Ciotti, menée par Jean-Dominique Giunta, s’est qualifiée de justesse au second tour avec 10,58 % des suffrages, soit 551 voix. Pas suffisant pour que Jean-Paul Valour trouve sa place au conseil municipal, lui qui est en dix-neuvième position. Son basculement à l’UDR tient à peu de choses selon l’ex-conseiller municipal :

« Je m’étais arrêté chez Les Patriotes. On m’a proposé d’être sur une liste, je m’y suis mis, c’est tout. »

Sa présence est toutefois une surprise étant donné les différences politiques entre le mouvement de Philippot et celui d’Éric Ciotti, « quelqu’un de pas mal » selon Jean-Paul Valour au téléphone. Ce dernier « partage tout à fait la nécessité du Frexit, bien entendu ». Il assure avoir d’ailleurs « gardé des liens » avec Philippot. « Quand ça va dans le sens des intérêts du pays, je suis toujours d’accord », confie-t-il. D’ailleurs, vu la position des Patriotes depuis le Covid, Jean-Paul Valour trouve que « sur les mesures sanitaires, il y avait des positions qui étaient honnêtes ». Et tant pis pour la désinformation.

Illustration de la Une par Caroline Varon.