Biyouna, figure de la représentation féminine, est décédée à 73 ans

Bondy 2025-11-25 View source

Une étoile s’est éteinte. L’artiste Biyouna, Baya Bouzar au civil, est décédée ce mardi à l’âge de 73 ans. L’icône algérienne a embrassé tous les arts et s’est imposée comme une figure culturelle incontournable.

Très jeune, Biyouna se passionne pour le chant, la comédie et les spectacles solos. À 17 ans, elle se fait remarquer dans les cabarets algérois. Elle tape à l’œil du réalisateur Mustapha Badie qui lui offre un rôle dans la série télé, Al-Harik, au début des années 1970. Son personnage, Fatma, la propulse sur le devant de la scène.

Sur scène, ses one-woman shows et ses pièces de théâtre captivent par leur humour et leur sensibilité. Dans la musique, elle publie plusieurs albums, dont Raid Zone et Blonde dans la Casbah. Elle collabore avec des artistes connus du grand public, de Fellag à Julien Doré. Sa voix grave, son humour et sa présence sur scène deviennent autant de marques de fabrique reconnaissables.

Une carrière qui transforme les représentations

Au cinéma, Biyouna choisit des rôles féminin qui surprennent : des femmes complexes, drôles et indisciplinées. De Le Harem de Madame Osmane à Délice Paloma, en passant par La Source des femmes de Radu Mihaileanu présenté à Cannes en 2011, elle construit des personnages qui échappent aux clichés simplistes. En 2018, elle incarne encore la mère d’Omar Sy dans Le Flic de Belleville de Rachid Bouchareb.

Dans un contexte où le cinéma français a encore du travail sur la question de la représentation en général, et des femmes racisées en particulièrement, Biyouna a contribué à renouveler les représentations de la femme algérienne et, plus largement, de la femme arabe dans le cinéma français. Grande dame. Qu’elle repose en paix.

Sarah Ichou